A table

Mermoz a t-il besoin de s'attabler ? Nous n'avons pas la réponse mais depuis notre arrivée sur le quartier il y a des histoires de tables qui nous habitent. Celle du jardin Eclos par exemple, une table pour que se se rencontre ancien·ne·s et nouvelles et nouveaux habitant·e·s à l'ombre des grands arbres qui peuplent le square. Puis, sans préméditation, une seconde table à vue le jour à la suite d'un atelier chapeauté par le collectif d'architecte Pourquoi Pas !?, avec des étudiant·e·s de l'école d'architecture de Montpellier et avec l'aide de quelques voisins de la rue Gaston Cotte. Celle-ci est mobile, non pas afin que les habitant·e·s se rencontrent mais pour partir à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent parce qu'ils et elles y vivent ou y travaille depuis toujours ou moins longtemps. Pour partir à la rencontre de ce qui l'habite, les organismes vivants non-humains, le mobilier, l'immobilier, les souvenirs, les paysages, les ambiances...

Continue reading

Où j’en suis avec mon intermédiation

Prologue

Ce texte s’est construit dans une temporalité particulière. Il émane d’une correspondance entretenue avec Régis Garcia et Pascal Nicolas-Le Strat en amont de la journée du 7 avril 2018, journée organisée à Bricologis sur la thématique de l’intermédiation. L’écriture du texte s’est faite en grande partie quelques jours avant cette journée, je l’ai ensuite reprise dans la perspective d’une publication dans la présente revue. La fin de cette écriture a été rendue difficile, d’une part par le décalage entre les contextes d’écriture (avant et bien après la journée) – j’ai volontairement conservé dans l’écriture ces deux temporalités parce qu’elles me permettent également de faire trace et de donner accès la construction du texte – , d’autre part du fait de l’écriture d’un second article à six mains, avec Régis Garcia et Olivier Noël, que vous trouverez dans ce même numéro de la revue. Les deux articles résonnent nécessairement l’un et l’autre. Ils marquent l’ouverture d’un chantier collectif autour de cette notion.

Le présent article, s’il semble que j’en sois le seul auteur, s’est écrit avec l’ensemble des auteurs, des personnes appartenant aux collectifs ou ayant participé aux moments cités dans ce texte. J’essaye, dans cet article, de me détacher d’un réflexe de définition. En cela, il s’inspire des lieux intermédiaires, lieux de création, terrains de recherche et d’expérimentation, où les tentatives pour les définir sont souvent infructueuses, tant leurs réalités échappent à l’observation et nécessitent qu’on prenne part à l’action pour les comprendre un peu mieux. De cette façon, il m’a paru préférable de vous raconter mon (jeune) parcours avec la notion d’intermédiation, de l’intérieur, plutôt que de me borner à vous en livrer une définition qui aurait nécessairement été incomplète.

Continue reading

Emménager, Aménager, Déménager. Ou comment penser une recherche en friche

Le relogement comme terrain relationnel

La friche artistique Lamartine, située dans le troisième arrondissement lyonnais, a entamé depuis plus d’une année un nouveau processus de relogement. Fruit de l’expulsion du collectif CFA-RVI de l’ancien site Renault Véhicule Industriel, la structure implantée au 29 rue Alphonse Lamartine depuis 2010 connaîtra à son tour un relogement dans deux nouveaux lieux au printemps 2019. Ce nouveau moment dans la biographie du lieu illustre ce que Jules Desgoutte, membre du réseau Art Factories/Autre(s) Parts (AFAP), identifie comme un mouvement circulaire propre à l’histoire des lieux intermédiaires décomposable en trois temps : emménager, aménager, déménager1. Cette décomposition / recomposition illustre le caractère structurant2 du relogement pour les pratiques et les usages, qu’ils soient professionnels ou amateurs, politiques et sociaux, mécaniques, scientifiques, artistiques ainsi que pour la construction sociale du lieu (liée aux effets générationnels et organisationnels notamment).

Continue reading